Actualités

Après un peu plus d’un mois, nos partenaires et nous avons pratiquement doublé le nombre d’innovations recensées par l’opération « innovscovid19 ». Aussi, il nous paraissait intéressant de procéder à une mise à jour de l’infographie réalisée le 30 avril dernier afin d’esquisser quelques tendances sur des sujets qui prennent de l’ampleur ou dont l’intérêt décline.

Nous remarquons donc qu’au niveau du thème de la lutte contre la contamination, une forte augmentation des innovations touchant le domaine de la distanciation sociale ou du cloisonnement s’est produite (+12%). Cela est cohérent alors que, à des rythmes et modalités différentes, les pays touchés par l’épidémie sont passés, sur la période considérée, d’une phase confinée à un déconfinement progressif.

Pour ce qui est du domaine de l’assistance au corps médical, ce sont surtout les équipements de personnels médicaux et paramédicaux qui connaissent une progression de 5%, ainsi que les appareils médicaux hors respirateurs. Les autres sous-thèmes gardent des niveaux moindres mais relativement proches de ceux d’il y a un mois.

Pour ce qui est de la surveillance des paramètres de santé des patients, les capteurs au contact connaissent une forte progression (+15%) alors que les deux autres catégories (capteurs sans contact et tests du covid-19) ont été relativement moins vecteurs d’innovations (respectivement -8 et -7%).

Enfin, les données relatives à l’hygiène restent assez comparables aux précédentes.

Retrouvez toutes les innovations identifiées en accès libre sur www.innovscovid19.com !

Depuis le 7 avril 2020 que nous identifions les innovations propres à lutter contre le Covid-19 et à s’adapter aux désagréments qu’il suscite, nous avons constaté qu’un des sujets les plus récurrents est le masque, qu’il s’agisse de la protection individuelle des soignants, des autres professionnels ou du grand public.

Une analyse synthétisée dans l’infographie ci-dessus rend compte du poids prépondérant des avancées technologiques, qui constituent près de la moitié des masques innovants que nous avons recensés. Les aspects du développement durable inspirent aussi largement, alors que l’intérêt pour le confort laisse présager que certain ont identifié que l’usage des masques va perdurer, peut être au-delà de la crise dans sa phase aigüe. Enfin, s’ils sont encore très minoritaires, les masques permettant de détecter les charges virales ou la santé des patients nous semblent présenter un champ intéressant pour la surveillance de la santé des personnes.

En date du 02 juin, notre initiative de veille solidaire #InnoVSCovid19 vient de dépasser les 400 innovations identifiées pour faire face à la crise et préparer l’après. Retrouvez les en accès libre sur https://bit.ly/2BiScWx et n’hésitez pas à partager. Vous pouvez également nous faire part des innovations manquantes via Twitter : #InnoVSCovid19.

Afin de répondre au mieux aux besoins actuels de connaissance et de surveillance des innovations mises en place dans le monde dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19, notre mur des innovations s’adapte et devient un site à part entière accessible sur www.innovscovid19.com.

Partout dans le monde, les scientifiques, les entreprises et les startups se sont mobilisés et continuent de s’engager pour lutter contre cette crise sanitaire en utilisant la technologie et les innovations pour adapter et inventer des équipements et des services essentiels pour les hôpitaux et les populations.

Depuis le 07 avril dernier, nous avons fait nous aussi le choix de nous mobiliser pour venir en aide aux entreprises en lançant un appel à une veille solidaire avec pour objectif de mettre en lumière les efforts d’innovateurs visant à combattre les effets dramatiques de cette pandémie.

Avec plus de 300 innovations recensées à ce jour, cette initiative a permis d’être aujourd’hui en France, un accès unique en son genre au plus large catalogue d’idées et d’inspirations que l’on peut consulter et partager librement.

Chaque jour, nos consultants assistés de nos outils de veille scrutent les actualités et sélectionnent les innovations à l’échelle internationale, potentiellement pertinentes, applicables ou transposables, au regard des 4 thématiques choisies (Assistance au corps médical – Lutte contre la contamination – Surveillance santé – Amélioration de l’hygiène).

Nous tenons également à remercier tous nos clients et partenaires qui n’ont pas hésité à participer à ce challenge aux services des autres et qui continuent de nous alimenter régulièrement.

Surveillez l’actualité du BTP avec RSS Building

15 Mai 2020, Posté par adminviedoc dans Actualités, Outils

Dernier né de nos outils de veille thématique, RSS Building est disponible dès aujourd’hui.

Dès la première connexion, vous avez accès aux actualités les plus pertinentes dans tous les domaines du bâtiment et des travaux publics, de la conception au gros et second œuvre en passant par les engins ainsi que l’outillage de manutention, de fabrication et de mesure, sans oublier les innovations de toutes sortes (matériaux, systèmes, etc.). Cette solution de veille dédiée permet à chaque professionnel- qu’il soit prescripteur, maitre d’œuvre, chargé de réalisation, chargé de la maintenance et de la réparation – de disposer d’un outil qui lui apporte au quotidien l’information qui est essentielle et utile à son activité.

RSS Building est un outil de veille en SaaS, alimenté pour l’heure par plus de 900 sources qualifiées reprenant les informations générales du secteur, mais aussi les sous-domaines particuliers.  L’idée est que l’information arrive à soi, sans consacrer un temps précieux à courir après !

Par une structuration en tableaux de surveillance que chacun peut facilement paramétrer et personnaliser, les bonnes informations arrivent automatiquement classées dans sa session. Il ne reste plus qu’à en tirer le meilleur parti, avec des idées claires et sans avoir l’impression d’avoir manqué quelque chose.

Cliquez ICI pour vous inscrire et débutez dès aujourd’hui votre expérience de veille ! Vous disposez d’un essai gratuit et sans engagement.

Les abonnés à RSS Monitoring ont désormais accès à leur outil de veille lors de leurs déplacements depuis leur smartphone, sans surcoût.

Certains de nos clients, notamment responsables commerciaux ou acheteurs, nous ont exprimé leur souhait d’avoir un outil de veille qui s’adapte à leurs impératifs de mobilité. En particulier, le fait de pouvoir consulter leurs tableaux de bord de veille sur smartphone ou tablette leur permettrait de ne pas se couper de l’information utile et d’être à jour des connaissances qui les aident dans leurs décisions quotidiennes, même si elles doivent être prises hors du bureau.

Pour répondre à cet enjeu, Viedoc a donc mis au point une version adaptée de son logiciel de veille sur mesure RSS Monitoring, qui est d’ores et déjà disponibles sur l’Apple Store (version IOS) ou le Google Play Store (version Android) pour les détenteurs d’un compte sur l’outil. Dès lors que l’identifiant et le mot de passe sont entrés, les fonctionnalités suivantes sont immédiatement accessibles :

– Consulter les actualités de vos thématiques et tableaux de bord

– Parcourir les newsletters de l’entreprise ainsi que le mur d’actualités (si votre licence comprend cette option)

– Rechercher les actualités répondant à vos centres d’intérêt en utilisant les opérateurs booléens disponibles

– Partager par mail ou sélectionner les actualités en vue d’une lecture ultérieure

Par ailleurs, l’un des aspects pratiques est que vous pouvez par exemple lire des articles qui ont été préalablement mis de côté par la fonctionnalité « Sélection d’articles ».

Pour la cellule de veille, c’est aussi l’occasion d’améliorer sa visibilité et d’avoir davantage de clients internes qui consultent les résultats de la veille au sein de l’entreprise.

Toute l’équipe VIEDOC invite l’ensemble des utilisateurs de RSS Monitoring à télécharger l’application et ainsi découvrir une nouvelle expérience de la veille… mobile!

L’outil de veille RSS Packaging a été conçu pour répondre aux attentes des fournisseurs et utilisateurs d’emballage. La veille professionnelle autour du packaging devient d’une grande simplicité. Toutes les applications industrielles y sont recensées : cosmétique, agroalimentaire, santé, logistique, etc. Les sources ont été soigneusement sélectionnées pour apporter des réponses concrètes et anticiper les tendances. Elles sont mises à jour en permanence. Vous pourrez ainsi aborder sereinement les nouveautés, notamment dans vos problématiques de développement durable, de comparaison des produits, d’innovation, de traçabilité, ou tout autre sujet que vous souhaitez suivre. L’infographie suivante donne une idée de l’étendue des possibilités auxquelles vous accédez.


2 MOIS GRATUITS ET SANS ENGAGEMENT

A situation exceptionnelle, Initiative solidaire !

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’ouvrir l’accès gratuitement à nos outils de veille thématiques à toutes les entreprises des 12 secteurs concernés et ce, pendant 2 mois sans engagement (au lieu d’un mois en temps normal). Il en sera de même pour nos clients utilisateurs qui verront leur abonnement à la plateforme prolongé de 2 mois automatiquement. Cela concerne toute la famille d’outils de veille sectorielle « RSS SOURCING », dont RSS PACKAGING fait partie.

Cliquez ICI pour vous inscrire et débutez dès aujourd’hui votre expérience de veille !

Notre façon de participer à la lutte contre l’épidémie a été de mettre à disposition de tous, dès le 7 avril dernier, un « mur » d’actualités dédié aux innovations relatives à la lutte contre le COVID-19. Les innovations ne concernent pas le périmètre de la recherche médicale, mais s’adressent essentiellement aux acteurs de la santé, aux industriels et aux agents économiques dans leur approche quotidienne des nouveaux gestes et systèmes sanitaires.

Nous avons choisi de catégoriser toutes ces innovations selon 4 items :

  • Lutte contre la contamination : masques, traçage des personnes contaminées, systèmes de distanciation, etc.
  • Surveillance santé : capteurs de biométrie sur peau, capteurs de température à distance, tests de dépistage, etc.
  • Assistance au corps médical : équipements de protection individuelle, nouveaux systèmes d’accueil des patients, robotique hospitalière, etc.
  • Amélioration de l’hygiène : amélioration pour le lavage des mains, pour la désinfection des lieux publics et privés, revêtements antimicrobiens, etc.

L’infographie suivante, réalisée le 30 avril 2020 après un peu plus de 3 semaines de mise en ligne, donne un aperçu des volumes et types d’innovations qui ont été recensées dans le monde.

Un grand merci à nos partenaires qui nous ont aidé à faire progresser cette action et qui participent !

N’hésitez pas à partager le mur (https://bit.ly/2UVWTgn) et à nous faire part des innovations que vous souhaitez y voir figurer via Twitter : #InnoVSCovid19.

La finalité d’un processus de veille n’est pas une question si évidente qu’il n’y parait. L’Intelligence Economique est souvent encline à situer la veille au service des volets offensif et défensif d’une stratégie, laquelle sert une politique ou une vision constituée d’objectifs de moyen et long termes. Il faut remarquer que notre époque questionne cette approche.

En effet, lorsqu’on est sur une période de faible variabilité des rapports de forces sur un marché (nombre limité de nouveaux entrants et parts de marchés stables des acteurs principaux), qui comporte peu de changements de règles du jeu (législation, réglementations, normes et usages), on peut bâtir une stratégie de long terme visant à garder ses positions ou à pénétrer le marché. Notons que dans ce cas de figure, on a affaire à des stratégies souvent focalisées sur la conquête de marché.

Or, s’il est vrai que sans stratégie rien n’est envisageable, de nombreuses entreprises sont à présent mises dans un bain concurrentiel mondial, qui les incitent davantage à opter pour des comportements de survie, selon deux axes principaux : innover et afficher une rentabilité actuelle ou future. Progressivement, vendre des produits devient secondaire (du moins dans un premier temps) : ce qui compte avant tout est de rassurer les investisseurs ou actionnaires (l’exemple d’Amazon est éloquent à ce titre, voir ICI). Au travers d’innovations présentées comme disruptives, ces parties prenantes se sentent rassurées, notamment en anticipant des profits substantiels à une échéance palpable. Dans le même temps, une partie croissante de la valeur des produits est transférée vers la réputation de la marque, assurant parfois des positions dominantes mais présentant également des vulnérabilités accrues aux attaques informationnelles.

Depuis la fin des années 1970, les différentes phases de mondialisation et les technologies de l’information ont modifié considérablement le jeu économique par la multiplicité des acteurs et un accès démocratisé à une information surabondante. Aussi, dans l’économie actuelle, la veille se voit affublée d’une double injonction : alimenter la stratégie et alimenter l’innovation. A notre niveau, nous notons un glissement souvent (mais pas toujours !) significatif vers le deuxième aspect. Autrefois vue exclusivement comme un outil d’aide à la décision, la veille devient davantage un outil d’aide à l’innovation et de stimulation de la créativité.  Dans les deux cas, il s’agit d’alimenter les processus internes de l’entreprise, à des niveaux différents, avec des informations utiles, ayant passées des filtres rigoureusement paramétrés. A ce jour, et en attendant l’homme « augmenté » promis par les tenants du transhumanisme ou l’Intelligence Artificielle de niveau 5, des outils techniques tels que ceux que nous proposons (voir ICI) ont toute leur raison d’être. En effet, rechercher de l’information coûte un temps et une énergie précieux qui seraient sans doute bien mieux mobilisés dans des activités où il est difficile de gagner du temps et où l’humain est la clé de voûte : l’analyse, la mise en perspective et l’inspiration.

S’il y a eu une époque où la rétention d’information pouvait assurer des positions dominantes, nous sommes désormais entrés dans une ère où l’information est disponible si tant est que l’on abatte la barrière de complexité qui nous en sépare. Et nous ne sommes pas encore entrés dans une ère où l’appropriation de l’information, qu’elle soit analytique ou symbolique, revient aux machines. L’Homme reste aux commandes de la finalité du processus de veille.

Dans le cadre de nos veilles technologiques, nous sommes régulièrement amenés à identifier à travers le monde des startups positionnées sur un domaine particulier et avons décidé de publier une petite série d’articles consacrée à des éléments d’analyses concurrentielles succinctes issues de nos travaux de recherche sur Internet.

Dans ce premier volet, portons un regard sur quelques entreprises européennes qui sont en train de mettre sur le marché des procédés innovants en matière de lutte anti-contrefaçon. Ce marché présente un haut potentiel et les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2018, l’Office européen pour la Propriété Intellectuelle (EUIPO) a estimé une perte de 60 Milliards d’€ pour 13 secteurs clés de l’économie, soit 7.5% de leur chiffre d’affaire pour l’Europe et 5.8% pour la France seule.

Technologies où l’on couple des étiquettes et des smartphones, via de l’algorithmie

Le parisien CYPHEME, fondé en 2016, propose une association entre une étiquette spéciale adossée au produit et une application mobile pour en garantir l’origine. Utilisant des technologies basées sur l’intelligence artificielle, l’hyperphotométrie et un identifiant chimique spécial, l’entreprise entend gagner ses parts de marché par une très grande fiabilité du process. Notons de la discrète société genevoise SwissAuthentis propose une technologie analogue en tout point et baptisée « Smartchrome » en tant que marque déposée. Seules ces deux sociétés évoquent la technologie d’hyperphotométrie, technologie qui, au demeurant, ne semble pas faire partie des publications scientifiques ou brevets de ces dernières années et dont nous cherchons toujours la définition…. Cela peut néanmoins laisser penser (mais nous n’avons pas de preuve formelle) que la technologie de Cyphème pourrait avoir intégré le portefeuille de technologies anti-contrefaçon de SwissAuthentis, solidement implantée à l’échelle mondiale.

Toujours à Paris et davantage centrée sur la mode et le luxe et se voulant peu onéreuse, la solution d’authentification GEMETIQ passe par l’échange d’informations entre l’identifiant d’une puce NFC (Near Field Contact) et toutes les informations enregistrées dans une base de données. Ainsi, la personne qui scanne la griffe a accès à l’authentification du produit et à sa « carte d’identité » qui répertorie des informations renseignées par les marques telles que la photo, la référence du modèle, la taille, la couleur, la composition, le distributeur agréé, le lieu de vente, etc. Gemetiq utilise une puce NFC intégrée directement dans une griffe textile par le fabricant. Elle peut résister à une température de lavage allant jusqu’à 150 degrés, ce qui confère un avantage indéniable dès lors que l’on a affaire à des produits textiles.

La blockchain, une technologie adaptée par nature à l’anti-contrefaçon

Par son fonctionnement non hiérarchisé, la blockchain offre des solutions particulièrement résilientes aux détournements. C’est donc une technologie dont se sont emparés certains concepteurs de systèmes anti-contrefaçon…tout en gardant le logiciel de traçabilité à leur niveau, contrairement aux monnaies virtuelles passant par une blockchain dont le but, outre la fiabilité, est de se passer de l’intermédiation bancaire.

Le français ARIANEE s’est donné pour ambition de construire le premier enregistrement perpétuel, anonyme et digne de confiance de tous les actifs du monde, permettant un lien qualifié de « révolutionnaire » entre les propriétaires et les marques. Arianee aspire à devenir le premier protocole universel au monde pour la création et le transfert des certificats numériques de propriété et d’authenticité pour les objets. Tous les propriétaires suivants géreront le parcours de leurs biens dans le temps en maintenant le contact avec les concepteurs des produits, grâce à ce qu’ils ont nommé le Smart-Link et qui est basé sur l’inscription sur une blockchain. Cette solution semble adaptée à des produits qui ne perdent pas de valeur au cours du temps, voire qui en gagnent. Cela dit, elle n’est qu’une mutation numérique d’un certificat d’authenticité, avec en plus un lien maintenu avec le fabricant d’origine.

Le suisse ScanTrust propose un système basé sur 3 exigences : l’authentification du produit, la traçabilité le long de la chaine logistique et l’engagement du consommateur final. Le produit est doté d’un QR Code breveté par ScanTrust qui contient une couche de sécurité via un graphique qui se situe au centre du QR code. Il s’agit d’une image dense, pseudo-aléatoire, qui authentifie un produit et dégrade en qualité lors de la copie. Les codes de sécurité ScanTrust sont généralement téléchargés sous forme de fichiers image, par l’imprimante, à partir du serveur ScanTrust. Au niveau de l’application, le tableau de bord de type de ScanTrust affiche des données d’analyse qui permettent d’identifier les points susceptibles de contrefaçon et le détournement de produits importés en parallèle. Cela confère une meilleure visibilité sur les destinations des produits, ainsi que des éléments d’identification des consommateurs finaux. Certaines informations clés sur les produits peuvent être rendues publiques sur une blockchain. Une fois stockées, les données ne peuvent pas être modifiées ou supprimées. ScanTrust s’appuie sur les principales technologies de registres distribués telles que Hyperledger, BigchainDB, et Ethereum.

Dernier exemple, l’anglais Blockverify se focalise sur la contrefaçon des secteurs de la pharmacie, du luxe, des diamants et de l’électronique. Chaque produit est doté d’un tag unique inscrit sur une blockchain. Chaque produit est alors tracé le long de la chaine de distribution, lors de l’achat (avec une association à l’acheteur). Selon Blockverify, cette solution permet également de s’assurer que les entreprises ne procèdent pas à la contrefaçon de leurs propres produits. Mais selon nous, il s’agit d’un argument marketing difficile à avancer auprès de clients…sauf dans le cas précis où ceux-ci ont de sérieux doute sur leurs propres centres de production. Par ailleurs, tous les points de vente peuvent, avec une application mobile, connaitre l’historique de chaque produit.

Sur la liberté des agents économiques et leur accès à l’information

J’ai été frappé par une analogie faite par l’économiste Jean-Marc Daniel entre le modèle des économistes de la concurrence pure et parfaite et le modèle des physiciens du gaz parfait. C’était dans l’émission de BFM Business « Les Experts » du 08 janvier 2019 (10’30’’, disponible ici). Une petite recherche sur ce sujet m’a conduit à un article (disponible sur cairn.info) que ce même économiste avait publié en 2008, où il précisait : « La notion de marché concurrentiel est en économie comme le gaz parfait du physicien : nul ne pourra l’observer, et pourtant son analyse permet de tirer des conclusions à la fois simples et efficaces. Le marché existe mais nul ne le rencontrera… »

En fait une différence de taille existe entre les deux notions. Le gaz parfait des physiciens, s’il est un modèle, est vu comme une première approximation du réel. Aucun physicien n’a pour ambition de transformer un gaz en gaz parfait. Le scientifique aura une démarche de modélisation du réel pour le comprendre certes, éventuellement pour utiliser au mieux certaines propriétés ou certaines ressources. L’équation des gaz parfaits est un cadre de compréhension simple qui ne demande qu’à être complexifié, et l’équation des gaz réels existe. Et si la plupart des gaz (et mélanges de gaz) se comportent comme des gaz parfaits aux faibles pressions, il faut rappeler que sur terre ils évoluent de manière générale au moins à la pression atmosphérique. En revanche, derrière la notion de marché concurrentiel pur et parfait, l’enjeu, tel que je le comprends dans les interventions de M. Daniel, n’est pas tant de décrire le réel par approximation que de constituer un objectif vers lequel il faut tendre, une idéologie en somme. En effet, alors que le gaz parfait est en réalité lié à une équation et une modélisation que l’on a réussi à élaborer en supposant les molécules comme des entités abstraites ponctuelles, la concurrente libre et parfaite est liée à un état ontologique présumé des acteurs du marché dont les propriétés me semblent être : la liberté d’action infinie, la capacité d’accès à l’information infinie, la capacité de traitement de l’information infinie et la rationalité des choix selon l’« intérêt » de tout un chacun. Bref, l’homme de la théorie du marché concurrentiel serait un dieu !  Et si l’on peut représenter schématiquement une molécule par un point, il me semble hasardeux de représenter un individu absorbé par son contexte propre par un être omniscient.

Mais par-delà cette différence de fond qui sépare le gaz parfait du marché concurrentiel, au fond, serait-il souhaitable qu’un gaz soit parfait ? Pour prendre l’exemple de l’air que nous respirons, je doute que nous puissions simplement vivre si celui-ci était parfait, car notre constitution biologique s’est appuyée sur un air bien réel pour produire notre évolution. De la même manière, serait-t-il souhaitable que la concurrence soit pure et parfaite ? Il est clair que dans cette hypothèse la notion de liberté individuelle semble cardinale. Or la liberté de chacun est par nature restreinte, car les capacités à interagir avec le monde qui nous entoure sont limitées. Elles le sont en particulier par les performances de notre corps humain, qui de surcroit, sont inégales entre les individus, à la différence des molécules de gaz, qui sont des « clones ». Par ailleurs, chacun n’est pas doté de la même manière à la naissance et dans ses jeunes années, en termes de patrimoine matériel et socio-culturel pour que le marché soit, par sa nature même, un terreau fertile à l’épanouissement de tous car intrinsèquement producteur d’égalité.

En conséquence, et c’est là tout le propos du présent article, la notion de protection est un préalable à la notion de liberté afin d’assurer que des libertés exorbitantes pour les uns ne conduisent pas à un système de domination sur les autres. Cela serait d’ailleurs contraire aux finalités d’une économie libérale qui serait permise par un État arbitre, en surplomb d’une concurrence nécessaire à l’excellence, mais organisée pour la satisfaction d’un intérêt général. Tendre vers la concurrence pure et parfaite interdit quelque part de penser les bonnes restrictions de liberté à appliquer afin justement de protéger les libertés de tous.

Par Christian Gnana.