viedoc

Après un peu plus d’un mois, nos partenaires et nous avons pratiquement doublé le nombre d’innovations recensées par l’opération « innovscovid19 ». Aussi, il nous paraissait intéressant de procéder à une mise à jour de l’infographie réalisée le 30 avril dernier afin d’esquisser quelques tendances sur des sujets qui prennent de l’ampleur ou dont l’intérêt décline.

Nous remarquons donc qu’au niveau du thème de la lutte contre la contamination, une forte augmentation des innovations touchant le domaine de la distanciation sociale ou du cloisonnement s’est produite (+12%). Cela est cohérent alors que, à des rythmes et modalités différentes, les pays touchés par l’épidémie sont passés, sur la période considérée, d’une phase confinée à un déconfinement progressif.

Pour ce qui est du domaine de l’assistance au corps médical, ce sont surtout les équipements de personnels médicaux et paramédicaux qui connaissent une progression de 5%, ainsi que les appareils médicaux hors respirateurs. Les autres sous-thèmes gardent des niveaux moindres mais relativement proches de ceux d’il y a un mois.

Pour ce qui est de la surveillance des paramètres de santé des patients, les capteurs au contact connaissent une forte progression (+15%) alors que les deux autres catégories (capteurs sans contact et tests du covid-19) ont été relativement moins vecteurs d’innovations (respectivement -8 et -7%).

Enfin, les données relatives à l’hygiène restent assez comparables aux précédentes.

Retrouvez toutes les innovations identifiées en accès libre sur www.innovscovid19.com !

Depuis le 7 avril 2020 que nous identifions les innovations propres à lutter contre le Covid-19 et à s’adapter aux désagréments qu’il suscite, nous avons constaté qu’un des sujets les plus récurrents est le masque, qu’il s’agisse de la protection individuelle des soignants, des autres professionnels ou du grand public.

Une analyse synthétisée dans l’infographie ci-dessus rend compte du poids prépondérant des avancées technologiques, qui constituent près de la moitié des masques innovants que nous avons recensés. Les aspects du développement durable inspirent aussi largement, alors que l’intérêt pour le confort laisse présager que certain ont identifié que l’usage des masques va perdurer, peut être au-delà de la crise dans sa phase aigüe. Enfin, s’ils sont encore très minoritaires, les masques permettant de détecter les charges virales ou la santé des patients nous semblent présenter un champ intéressant pour la surveillance de la santé des personnes.

En date du 02 juin, notre initiative de veille solidaire #InnoVSCovid19 vient de dépasser les 400 innovations identifiées pour faire face à la crise et préparer l’après. Retrouvez les en accès libre sur https://bit.ly/2BiScWx et n’hésitez pas à partager. Vous pouvez également nous faire part des innovations manquantes via Twitter : #InnoVSCovid19.

Afin de répondre au mieux aux besoins actuels de connaissance et de surveillance des innovations mises en place dans le monde dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19, notre mur des innovations s’adapte et devient un site à part entière accessible sur www.innovscovid19.com.

Partout dans le monde, les scientifiques, les entreprises et les startups se sont mobilisés et continuent de s’engager pour lutter contre cette crise sanitaire en utilisant la technologie et les innovations pour adapter et inventer des équipements et des services essentiels pour les hôpitaux et les populations.

Depuis le 07 avril dernier, nous avons fait nous aussi le choix de nous mobiliser pour venir en aide aux entreprises en lançant un appel à une veille solidaire avec pour objectif de mettre en lumière les efforts d’innovateurs visant à combattre les effets dramatiques de cette pandémie.

Avec plus de 300 innovations recensées à ce jour, cette initiative a permis d’être aujourd’hui en France, un accès unique en son genre au plus large catalogue d’idées et d’inspirations que l’on peut consulter et partager librement.

Chaque jour, nos consultants assistés de nos outils de veille scrutent les actualités et sélectionnent les innovations à l’échelle internationale, potentiellement pertinentes, applicables ou transposables, au regard des 4 thématiques choisies (Assistance au corps médical – Lutte contre la contamination – Surveillance santé – Amélioration de l’hygiène).

Nous tenons également à remercier tous nos clients et partenaires qui n’ont pas hésité à participer à ce challenge aux services des autres et qui continuent de nous alimenter régulièrement.

Surveillez l’actualité du BTP avec RSS Building

15 Mai 2020, Posté par adminviedoc dans Actualités, Outils

Dernier né de nos outils de veille thématique, RSS Building est disponible dès aujourd’hui.

Dès la première connexion, vous avez accès aux actualités les plus pertinentes dans tous les domaines du bâtiment et des travaux publics, de la conception au gros et second œuvre en passant par les engins ainsi que l’outillage de manutention, de fabrication et de mesure, sans oublier les innovations de toutes sortes (matériaux, systèmes, etc.). Cette solution de veille dédiée permet à chaque professionnel- qu’il soit prescripteur, maitre d’œuvre, chargé de réalisation, chargé de la maintenance et de la réparation – de disposer d’un outil qui lui apporte au quotidien l’information qui est essentielle et utile à son activité.

RSS Building est un outil de veille en SaaS, alimenté pour l’heure par plus de 900 sources qualifiées reprenant les informations générales du secteur, mais aussi les sous-domaines particuliers.  L’idée est que l’information arrive à soi, sans consacrer un temps précieux à courir après !

Par une structuration en tableaux de surveillance que chacun peut facilement paramétrer et personnaliser, les bonnes informations arrivent automatiquement classées dans sa session. Il ne reste plus qu’à en tirer le meilleur parti, avec des idées claires et sans avoir l’impression d’avoir manqué quelque chose.

Cliquez ICI pour vous inscrire et débutez dès aujourd’hui votre expérience de veille ! Vous disposez d’un essai gratuit et sans engagement.

Les abonnés à RSS Monitoring ont désormais accès à leur outil de veille lors de leurs déplacements depuis leur smartphone, sans surcoût.

Certains de nos clients, notamment responsables commerciaux ou acheteurs, nous ont exprimé leur souhait d’avoir un outil de veille qui s’adapte à leurs impératifs de mobilité. En particulier, le fait de pouvoir consulter leurs tableaux de bord de veille sur smartphone ou tablette leur permettrait de ne pas se couper de l’information utile et d’être à jour des connaissances qui les aident dans leurs décisions quotidiennes, même si elles doivent être prises hors du bureau.

Pour répondre à cet enjeu, Viedoc a donc mis au point une version adaptée de son logiciel de veille sur mesure RSS Monitoring, qui est d’ores et déjà disponibles sur l’Apple Store (version IOS) ou le Google Play Store (version Android) pour les détenteurs d’un compte sur l’outil. Dès lors que l’identifiant et le mot de passe sont entrés, les fonctionnalités suivantes sont immédiatement accessibles :

– Consulter les actualités de vos thématiques et tableaux de bord

– Parcourir les newsletters de l’entreprise ainsi que le mur d’actualités (si votre licence comprend cette option)

– Rechercher les actualités répondant à vos centres d’intérêt en utilisant les opérateurs booléens disponibles

– Partager par mail ou sélectionner les actualités en vue d’une lecture ultérieure

Par ailleurs, l’un des aspects pratiques est que vous pouvez par exemple lire des articles qui ont été préalablement mis de côté par la fonctionnalité « Sélection d’articles ».

Pour la cellule de veille, c’est aussi l’occasion d’améliorer sa visibilité et d’avoir davantage de clients internes qui consultent les résultats de la veille au sein de l’entreprise.

Toute l’équipe VIEDOC invite l’ensemble des utilisateurs de RSS Monitoring à télécharger l’application et ainsi découvrir une nouvelle expérience de la veille… mobile!

L’outil de veille RSS Packaging a été conçu pour répondre aux attentes des fournisseurs et utilisateurs d’emballage. La veille professionnelle autour du packaging devient d’une grande simplicité. Toutes les applications industrielles y sont recensées : cosmétique, agroalimentaire, santé, logistique, etc. Les sources ont été soigneusement sélectionnées pour apporter des réponses concrètes et anticiper les tendances. Elles sont mises à jour en permanence. Vous pourrez ainsi aborder sereinement les nouveautés, notamment dans vos problématiques de développement durable, de comparaison des produits, d’innovation, de traçabilité, ou tout autre sujet que vous souhaitez suivre. L’infographie suivante donne une idée de l’étendue des possibilités auxquelles vous accédez.


2 MOIS GRATUITS ET SANS ENGAGEMENT

A situation exceptionnelle, Initiative solidaire !

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’ouvrir l’accès gratuitement à nos outils de veille thématiques à toutes les entreprises des 12 secteurs concernés et ce, pendant 2 mois sans engagement (au lieu d’un mois en temps normal). Il en sera de même pour nos clients utilisateurs qui verront leur abonnement à la plateforme prolongé de 2 mois automatiquement. Cela concerne toute la famille d’outils de veille sectorielle « RSS SOURCING », dont RSS PACKAGING fait partie.

Cliquez ICI pour vous inscrire et débutez dès aujourd’hui votre expérience de veille !

Notre façon de participer à la lutte contre l’épidémie a été de mettre à disposition de tous, dès le 7 avril dernier, un « mur » d’actualités dédié aux innovations relatives à la lutte contre le COVID-19. Les innovations ne concernent pas le périmètre de la recherche médicale, mais s’adressent essentiellement aux acteurs de la santé, aux industriels et aux agents économiques dans leur approche quotidienne des nouveaux gestes et systèmes sanitaires.

Nous avons choisi de catégoriser toutes ces innovations selon 4 items :

  • Lutte contre la contamination : masques, traçage des personnes contaminées, systèmes de distanciation, etc.
  • Surveillance santé : capteurs de biométrie sur peau, capteurs de température à distance, tests de dépistage, etc.
  • Assistance au corps médical : équipements de protection individuelle, nouveaux systèmes d’accueil des patients, robotique hospitalière, etc.
  • Amélioration de l’hygiène : amélioration pour le lavage des mains, pour la désinfection des lieux publics et privés, revêtements antimicrobiens, etc.

L’infographie suivante, réalisée le 30 avril 2020 après un peu plus de 3 semaines de mise en ligne, donne un aperçu des volumes et types d’innovations qui ont été recensées dans le monde.

Un grand merci à nos partenaires qui nous ont aidé à faire progresser cette action et qui participent !

N’hésitez pas à partager le mur (https://bit.ly/2UVWTgn) et à nous faire part des innovations que vous souhaitez y voir figurer via Twitter : #InnoVSCovid19.

RSS Cosmetic est aujourd’hui la seule solution professionnelle de veille cosmétique sur le marché qui simplifie réellement la recherche, la surveillance, le traitement et le partage d’informations. Avec la mise en surveillance de plus de 1300 sources d’information qualifiées, RSS Cosmetic aide les entreprises de la cosmétique à avoir une vision claire de leur marché :
– Lancements de produits, communiqués des marques, actualité des fournisseurs …
– Identification de nouveaux entrants
– Détection de nouveaux marchés et de leurs perspectives
– Surveillance des innovations et des tendances

Le domaine de la cosmétique est caractérisé par des marchés qui sont souvent régionaux, car corrélés à des critères esthétiques et des morphologies différents en fonction des régions du monde. C’est pourquoi les sources doivent être suivies à l’échelle mondiale. L’infographie ci-dessus donne les principales caractéristiques du soucing que nous avons réalisé et que nous continuons de mettre à jour pour RSS Cosmetic (http://www.rsscosmetic.com/fr).


2 MOIS GRATUITS ET SANS ENGAGEMENT

A situation exceptionnelle, Initiative solidaire !

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’ouvrir l’accès gratuitement à nos outils de veille thématiques à toutes les entreprises des 12 secteurs concernés et ce, pendant 2 mois sans engagement (au lieu d’un mois en temps normal). Il en sera de même pour nos clients utilisateurs qui verront leur abonnement à la plateforme prolongé de 2 mois automatiquement. Cela concerne toute la famille d’outils de veille sectorielle « RSS SOURCING », dont RSS COSMETIC fait partie.

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Salons reportés ou tout simplement annulés, limitation des déplacements professionnels, mesures de confinement et télétravail… le contexte économique est compliqué pour de nombreuses entreprises. Pourtant, nous devons tous continuer à travailler, innover et prendre des décisions pour l’avenir de nos salariés et de nos entreprises.

Depuis ses débuts, la mission de Viedoc est d’aider les entreprises à surveiller et analyser leur environnement technologique et concurrentiel, et nous souhaitons contribuer en cette période exceptionnelle à ce mouvement de solidarité naissant. 

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’ouvrir l’accès gratuitement à nos outils de veille thématiques à toutes les entreprises de moins de 250 personnes des 12 secteurs concernés et ce, pendant 2 mois sans engagement (au lieu d’un mois en temps normal).

Il en sera de même pour nos clients utilisateurs qui verront leur abonnement prolongé de 2 mois automatiquement. Cela concerne toute la famille d’outils de veille sectorielle « RSS SOURCING ».

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Et surtout prenez soin de vous, de vos proches et de vos équipes !

#restezchezvous

De façon purement rhétorique, il est aisé de comprendre pourquoi la lutte contre une fake news est un leurre : il est impossible d’empêcher quelqu’un de croire en une information (cf. les débats qui ont fait suite au concept de « déradicalisation » pour aboutir in fine à la non pertinence de cette notion). En revanche, il est possible d’empêcher des sources de diffuser une information (qu’elle soit d’ailleurs vraie ou fausse) : cela constitue en soi une forme de censure. Il est également possible de supprimer des canaux de communication vers les tiers, ou même de noyer l’information parmi des informations contradictoires de même nature afin d’en faire perdre la puissance de persuasion.

En tant que professionnels de l’information, nous nous devons d’avoir les idées claires sur ce que nous manipulons au quotidien. Cet article a pour but de mieux comprendre comment considérer les informations qualifiées de « fake news » ou « infox », alors que cette notion est souvent employée pour disqualifier un adversaire plutôt que pour rétablir une vérité.

Cet article vise également à expliquer en quoi l’information n’a de valeur que parce que celle-ci lui est attribuée par le récepteur. Celui-ci dispose de sa culture (scientifique et non scientifique), ses croyances (idéologiques ou religieuses) et ses biais cognitifs pour valider ou non ladite information.

Internet a brouillé les pistes

La théorie de la communication désigne comme information le message qui transite entre un émetteur et un récepteur par le biais d’un canal de transmission.

Internet est un canal particulier, puisqu’il constitue une plateforme d’échange d’informations qui ne fait a priori pas de distinction entre les différents statuts des informations qui sont véhiculées, de même qu’une route n’est pas capable d’analyser quels sont les véhicules qui l’empruntent. Ainsi des informations de diverses natures pourront librement se diffuser : faits, théories scientifiques, opinions, avis, humeur, sentiment, hypothèses, connaissances, croyances, arguments étayés, arguments de « bon sens », propositions commerciales, statistiques, etc.

Par construction, Internet ne permet pas d’affecter une « métadonnée » de statut (à savoir de catégoriser parmi des types d’informations possibles) à l’information qui y transite. C’est donc au niveau de la personne qui reçoit l’information, et quelquefois du site qui met à disposition l’information, que ce statut est attribué, plus ou moins consciemment. Mais compte tenu de la complexité des informations qui sont en jeu, et quel que soit son niveau d’éducation, il est souvent très difficile de distinguer clairement un fait d’une autre catégorie d’information, dès lors que l’on n’est pas en prise directe ou témoin de celui-ci. Par ailleurs, qu’est-ce qu’un fait ? La proposition : « Flat Earth Society pense que la terre est plate » est un fait (on ne peut pas démontrer qu’ils ne le pensent pas et leur croyance est probablement souvent de bonne foi), alors que la proposition « La terre est globalement sphérique même si aplatie aux pôles » est un autre fait. Ce qui différentie ces deux propositions est que la première porte sur une opinion alors que la seconde porte sur une vérité scientifique issue d’un protocole. Mais dans les deux cas, c’est celui qui reçoit l’information qui va accorder ou non du crédit à la proposition globale.

La source et le recoupement

Se pose nécessairement la question du degré de confiance que l’on peut avoir dans l’information. Deux niveaux sont alors utilisés pour consolider cette confiance, bien connus des milieux traditionnels du Renseignement : la confiance dans la source d’information et la confiance dans l’information en tant que telle.

La confiance dans la source d’information repose le plus souvent sur une position sociale de la source : à ce stade, il n’est pas question de vérité mais d’autorité. Ainsi, le récepteur de l’information accordera son crédit à l’émetteur de façon plus ou moins inconditionnelle de par l’expérience des informations précédemment transmises et qui se sont révélées plausibles à l’usage. Dans le cas d’une croyance, on a affaire à une autorité religieuse ou idéologique et l’information sera d’autant plus plausible qu’elle consolide le système de pensée (ou théorie) qui abonde dans le sens de cette croyance.

Le deuxième aspect est l’information pour elle-même, qui peut être vraie même si la source est honnie. Ainsi, « ce n’est pas parce qu’Hitler a dit que l’Angleterre est une île que l’Angleterre n’est pas une île » : même des leaders d’opinion les plus contestables ne sont pas à l’abri d’émettre des vérités ! Pour appréhender la véracité d’une information, deux moyens sont possibles : aller la vérifier par soi-même (mais cela suppose des moyens logistiques et du temps) ou la recouper par d’autres sources primaires (les sources primaires sont celles ayant été en prise directe ou témoin de l’information, les sources secondaires sont celles qui ont relayé celle-ci, en faisant confiance à la source primaire). Et il convient de ne pas tomber dans le piège suivant : recouper une information par des sources secondaires issues d’une unique source primaire : c’est ce qui s’est produit lors la pseudo identification de Xavier Dupont de Ligonnès en Angleterre en octobre 2019 : la source primaire, une police locale, n’a pas été mise en doute par la plupart des medias pris dans une course au scoop (voir ICI).

Les opinions, les croyances, les théories du complot et l’esprit critique

Qu’on se le tienne pour dit : l’esprit humain, et a fortiori son intelligence, n’ont jamais eu vocation à rechercher la vérité pour elle-même. Les mécanismes cérébraux tendent vers un but unique : augmenter sa zone de confort, qu’il soit physiologique, psychologique ou matériel. Cela peut se traduire également par augmenter sa sphère de pouvoir, étant entendu qu’elle est en soi vecteur de confort. Les stratégies que le cerveau met au point peuvent s’affranchir des réalités (qui du reste ne sont pas toutes connues) pour établir un récit logique. Par exemple, il n’est pas rare que des enfants culpabilisent du fait que leurs parents se séparent, quand bien même ils ne sont pas en mesure de connaitre les raisons profondes de la séparation. Ils retournent donc la responsabilité vers eux-mêmes car ils sont à leurs propres yeux la seule clé explicative de la disruption de la continuité de la vie familiale, ayant pu à certains moments provoquer de la colère chez leurs parents. C’est un schéma de pensée qui, s’il peut être douloureux, n’en est pas moins justifié dans l’optique de préserver son intégrité psychique et de donner un sens à ce qui arrive compte tenu des éléments dont on dispose.

Ce que l’on nomme souvent « théories du complot » relève du même processus : relier et interpréter des faits réels ou supposés pour proposer une vision d’une histoire en cours. A ce stade, il faut néanmoins préciser que les complots existent et ont existé dans l’Histoire : il est arrivé que des minorités se soient entendues pour imposer des politiques à des majorités. On a d’ailleurs récemment fait référence à de nombreuses reprises aux accords de Sykes-Picot (à l’origine du tracé de frontières du Proche Orient pour délimiter des zones d’influence). Dans le monde de l’intelligence économique, il est souvent constaté que les Etats-Unis font en sorte d’avoir des collusions fortes entre services de renseignement d’Etat, entreprises et administrations pour s’approprier des entreprises étrangères. Cela ne pourra cependant jamais être formellement prouvé, puisque les éléments cruciaux sont du domaine des secrets d’Etat : aussi, les récits qui en sont fait peuvent s’apparenter à des « théories du complot ». L’exemple d’Alstom cédé pour sa partie stratégique à General Electric est à présent bien connu, notamment grâce à Frédéric Pierucci qui a pu analyser de l’intérieur les processus en jeu, ayant été lui-même l’objet de pressions de la part du Department Of Justice américain dont le but n’était probablement pas de faire émerger la seule Justice. Mais encore une fois, il est difficile de le prouver selon un protocole scientifique.

Il ne faut pas croire que les théories du complot sont l’apanage de « autres ». Sur l’exemple de l’épidémie du COVID-19, les chinois comme les occidentaux se sont rejetés la balle de la responsabilité de l’origine du virus. Le 13 mars 2020, l’Express titrait que « Pékin accuse sans preuve les Etats-Unis d’avoir apporté le virus en Chine » (ICI), alors que le 15 mars 2020, BFM relayait : « Die Welt [l’un des plus grands quotidiens allemands] accuse Trump de vouloir s’accaparer un éventuel vaccin juste pour les États-Unis » (ICI). Il faut ainsi remarquer à ce stade que dans les deux cas, les preuves manquent tout autant mais que le style du récit est différent : dans le premier cas, il s’agit d’une manœuvre grossière du gouvernement chinois, dans le second cas, on se base sur des rencontres dont on ne connait pas la teneur pour faire des suppositions.

Quid du fact checking (vérification des faits) ?

La population mondiale et a fortiori occidentale atteint des niveaux d’éducation sans précédents dans l’histoire de l’humanité (34% de la population française est diplômée de l’enseignement supérieur, même si cela ne veut pas dire qu’elle est supérieure en dignité…). Mais cela ne signifie pas que les gens sont par principe critiques vis-à-vis de l’information qu’ils reçoivent. En effet, la masse d’informations disponible ayant particulièrement augmenté avec les technologies, alors que le temps disponible pour les traiter ainsi que la configuration du cerveau n’ont pas subi la même trajectoire. Par ailleurs, même sans parler d’informations délibérément fausses, même les moins naïfs peuvent se faire avoir par des trolls et canulars. Le fact checking s’est au début défini comme une méthode de journalistes pour vérifier des faits, dans le but qu’eux-mêmes ne soient pas « intoxiqués » par des faits « alternatifs ».

Autre piège dans lequel il ne faut pas tomber, et dont le COVID-19 a illustré la réalité : la bataille d’experts. Les avis contradictoires font partie de la parole publique et ne doivent pas être considérés comme des « fake news »  par les parties adverses. A une échelle mondiale, les organismes faisant autorité en matière de santé publique sont au moins aussi nombreux que les pays. Aussi, l’article de CheckNews, service de fact checking du quotidien Libération « Covid–19 : Pourquoi plusieurs pays européens contredisent-ils la mise en garde d’Olivier Véran contre l’ibuprofène ? » (ICI) présente un débat que personne ne peut arbitrer à ce stade étant donné qu’il s’agit d’avis divergents d’experts.

De nombreux médias ont mis au point des politiques de fact checking. L’AFP informe sur ses techniques (ICI) reposant sur des règles déontologiques et des outils techniques du web. Google News Initiative, sur lequel nous avions fait un billet, met à disposition de tout un chacun des outils de vérification basés sur le web.

Cela dit, il faut être conscient des effets pervers de certains procédés qui se réclament fact checking. Dans cette veine, le journal Le Monde propose le Decodex (ICI) : il s’agit d’un moteur de recherche de sites ou d’extensions de navigateur qui peuvent s’installer sur Chrome ou Firefox et qui ne proposent pas de vérifier des faits, mais de qualifier des sources. Dans le cas des extensions, elles attribuent un code couleur de confiance aux sites Internet sur lesquels les internautes consultent de l’information. Le problème est que cette méthode ne permet pas de démêler le vrai du faux, mais juste de « blacklister » des sites, puisqu’un site non approuvé peut tout à fait énoncer des faits véridiques, comme un site approuvé peut énoncer des « fake ». Il semble donc que l’initiative Decodex serve davantage à positionner Le Monde comme garant des « bonnes » sources d’information, avec un conflit d’intérêt extrêmement problématique : le journal serait alors juge et partie. Il semble que CheckNews de Libération soit plus honnête en donnant des réponses de journalistes aux questions des abonnés au cas par cas après enquête.

Conclusion : on ne peut faire l’économie de s’éduquer au traitement de l’information

Il est clair que l’émetteur de l’information, qu’il en soit à l’origine ou qu’il en soit un relai, a une intention dans le fait de diffuser : ce n’est pas juste « informer », mais bien plus souvent créer ou partager une émotion : peur, dégoût, colère, envie, joie, etc. Or si l’on souhaite conserver un rapport honnête vis-à-vis de l’information, notamment pour l’utiliser dans le cadre d’une analyse, la seule question qui devrait nous tarauder est la suivante : est-elle vraie ou non ?

Il est notable que dans les affaires mêlant le site Wikileaks et son fondateur Julian Assange, et qui constituent un véritable feuilleton depuis 2010, très peu de sujets ont évoqué la véracité et les implications des informations révélées par rapport au sujet tellement secondaire « Julian Assange est-il quelqu’un de bien ?». Car quand bien même ce ne serait pas le cas, l’Intérêt Public sera toujours concerné par la seule question : ce qui a été révélé par Wikileaks, est-ce vrai ou non ?

Aussi, et comme nous l’avons vu, les pièges sont nombreux pour atténuer les effets d’informations, masquer leurs implications ou dévier leur intérêt. Quels que soient les artifices techniques que l’on place entre une information brute et un récepteur de cette information, il est important d’émanciper chacun de la naïveté. L’éducation doit demeurer permanente à mesure que la complexité des canaux d’information et des systèmes de transmission évolue.

Mais la bonne nouvelle est qu’il suffit au final de respecter quelques principes simples : bien distinguer la source d’information de l’information brute. Et arbitrer entre le degré de confiance que l’on peut accorder à la source avec le niveau de recoupement qu’on peut obtenir pour l’information brute par rapport à une source primaire. Et il faut impérativement procéder par ces deux approches simultanément pour tenter de s’approcher de la vérité.