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Quatrième volet de notre série d’articles sur l’identification de startups.

Rappelons dans un premier temps qu’une monnaie possède 3 fonctions qui la définissent comme telle : unité de compte (ie. coordination et appréciation entre les valeurs relatives des biens et services), réserve en valeur (ie. possibilité d’épargne) et intermédiaire des échanges (outil de simplification par rapport au troc). On peut ainsi en déduire que la cryptomonnaie de Facebook, Libra, aura du mal à obtenir un statut de monnaie à part entière. Mais, tout comme les cryptomonnaies basées sur la blockchain, son irruption interroge sur les changements qu’ont produits la digitalisation des échanges et la multiplication des moyens de paiement associée.

Nous vous présentons ici quelques entreprises ayant tablé sur des innovations en matière de paiement ou recouvrement, alors que ces opérations (qui incluent les sommes, les délais, les échelonnements etc.) sont souvent liées à des relations économiques singulières qu’il convient de prendre en compte. L’idée n’est pas tant de faire un panorama des « fintechs » que de montrer quelques solutions techniques à des problématiques actuelles liées aux transactions financières en B2B ou B2C.

 

L’américain PaymentWorks a remarqué que lors de relations entre entreprises, notamment client-fournisseur, une clarification devait être souvent faite pour assurer le paiement du fournisseur, induisant des relances inutiles et chronophages. En effet, la génération de plusieurs devis émanant de plusieurs fournisseurs est génératrice de pertes de temps importantes, alors que les canaux de diffusion sont multiples, que les documents se ressemblent et que les personnes en charge des dossiers sont susceptibles de varier. L’idée de la start-up fondée en 2016 a été de simplifier les processus induits par les ERP (Enterprise Resource Planning) existant sur le marché pour aller vers un système maitrisé par le client et facile d’accès par les fournisseurs dans un fonctionnement en mode SaaS. Il s’agit d’un Supplier Information Management (SIM). Même si cela n’apparait pas être une révolution dans le domaine des ERP, il s’agit néanmoins d’un projet qui prend de front et fait une priorité autour du « nerf de la guerre » et du recouvrement en général.

Interface de PaymentWorks

Fondé en 2017, l’américain Mezu s’annonce comme la seule solution de transfert d’argent anonyme pour smartphone. L’expérience est assimilée au transfert d’espèces et le marketing entourant la lancée de l’application se fonde sur le respect de la vie privée, par opposition au modèle Facebook. La technologie utilisée n’est pas basée sur la blockchain. Il suffit de saisir la somme que vous voulez transmettre. L’application crée alors un code crypté unique qui s’autodétruira au bout de 2 minutes ou de 24 heures au choix. On donne ce code à une tierce personne pour autoriser la transaction. Lorsque le destinataire saisit ce code, la valeur de l’opération est immédiatement portée au crédit de son compte. Il s’agit en quelque sorte d’un Snapchat de la transaction financière. Le grand atout semble être la simplicité, avec une fonction bien circonscrite, ce qui tranche avec les applications bancaires.

Fondée en 2016 par des banquiers et codeurs Nigérians, Flutterwave s’est positionnée comme une plateforme de solutions de paiement B2B pour les entreprises en Afrique ou ailleurs, notamment grâce à sa plateforme « Rave ». La société soutenue par Y-Combinator a son siège social à San Francisco, gère son centre opérationnel au Nigeria et prévoit d’ajouter des bureaux en Afrique du Sud et au Cameroun. Parmi les clients existants, citons Uber, Booking.com et Jumia.com. Les API proposées par la société permettent de personnaliser les moyens de paiement. A titre d’exemple et début 2019, Flutterwave s’est associée à Visa pour lancer un produit de paiement pour les consommateurs en Afrique appelé GetBarter. L’offre basée sur l’utilisation du mobile vise à faciliter les paiements personnels et les paiements des petits commerçants à l’intérieur des pays et à travers les frontières nationales de l’Afrique. Les titulaires de carte Visa existants peuvent envoyer et recevoir des fonds chez eux ou à l’étranger sur GetBarter. Le produit permet également aux non-titulaires de carte (ceux qui ont des comptes ou des portefeuilles mobiles sur d’autres plateformes) de créer une carte Visa virtuelle pour se connecter à l’application.

Pour ce qui est des aspects pratiques de la vie de tous les jours, une entreprise française, Billee, propose depuis 2018 de réduire à peau de chagrin le moment de l’addition dans les restaurants. L’application ne se limite pas au paiement puisqu’elle intègre des possibilités de recherche de restaurants ou de notation de ceux-ci. En revanche, le restaurateur doit avoir une caisse possédant l’application afin de pouvoir accepter la transaction. Les choix de partage de l’addition ou de l’octroi de pourboires sont également possibles. Notons néanmoins que ce type d’application doit relever 2 défis pour être pérenne : atteindre une taille critique conséquente, et convaincre à la fois les clients et les restaurateurs en allant au-delà d’un effet de mode. Les deux volets supposent de lourds investissements en communication, mais aussi un part de chance (être dans l’ère du temps). Par ailleurs, à l’instar de modèles économiques comme Uber ou Air BnB, trop de concurrence tuerait le marché dans l’œuf, puisque la substitution par le paiement classique est toujours opérante.

On ne pouvait finir sans évoquer une solution basée sur la blockchain, le protocole à base de registres décentralisés sur le web et permettant des transactions complètement (jusqu’à preuve du contraire…) fiables. Dans le domaine du transport maritime et des flux de marchandises à une échelle mondiale, l’anglais CargoConX  a développé en 2018 l’application CargoCoin afin de s’imposer comme une plateforme de contrats intelligents et incluant des transferts de d’argent par cryptographie. Cette plateforme est conçue pour faciliter et optimiser l’interaction entre les négociants, les transitaires, les compagnies maritimes, les agents de réservation ainsi que toutes les autres parties impliquées dans le commerce et le transport international de marchandises et de biens. Les différentes avantages promus par l’entreprise correspondent aux principales problématiques des chaines logistiques complexes et sont les suivants :

 

Troisième volet de notre série d’articles sur l’identification de startups. Voir le premier article ICI et le deuxième ICI.

L’innovation, entendue comme produits nouveaux (ou services) associés à une capacité rapide de mise sur le marché, doit se doter d’outils aptes à transcrire les idées en germes en faisabilité ou à augmenter la vitesse de résolution de problèmes d’ingénierie complexes. Recourant le plus souvent à des algorithmes et des objets digitaux spécifiques, certaines start-ups font naître de nouvelles façons d’envisager la conception d’objets. L’un des principaux enjeux est de lever la barrière de la connaissance de logiciels complexes pour aller vers une plus grande agilité de conception par une immersion plus intuitive et facilitée dans le concept de l’objet en cours de création.

Un outil pour ouvrir des possibles

Société basée à Lausanne (Suisse) fondée en 2018, Mirrakoi a mis au point une « CAO augmentée », à savoir une technologie puissante pour la conception assistée par ordinateur (CAO). Il s’agit du logiciel XirusCAD qui permet potentiellement à tout un chacun de devenir designer. Il simule des contacts physiques réels pendant le processus de modélisation numérique 3D et permet une efficacité, une précision et une accélération sans précédent du processus de conception interactive pour la CAO et l’ingénierie assistée par ordinateur (IAO). Subdivision, ponts, dérivations en Y, surfaces lisses, et bien d’autres possibilités sont offertes par les fonctionnalités du logiciel dont la qualité est de rendre la modélisation simple sans poser de barrière à l’élan créatif.

Rendre plus accessible le prototypage d’objets complexes

Dans l’industrie, certains domaines sont en recherche continue de matériaux alliant légèreté et résistance notamment dans les domaines des satellites, des prothèses médicales, des drones ou encore de l’automobile. Toujours en Suisse, 9T Labs, une jeune entreprise zurichoise s’est spécialisée dans la fabrication d’imprimantes 3D pour la production de composites carbone qui possèdent ces propriétés physiques. Aujourd’hui, les industriels en question sont actuellement confrontés à deux problèmes. Premièrement, le prototypage et la production à faible volume prennent beaucoup de temps et sont extrêmement coûteux. Deuxièmement, les méthodes de fabrication conventionnelles limitent fortement la complexité géométrique d’une conception. Mais, 9T Labs semble avoir résolu ces problèmes en introduisant une imprimante 3D qui traite en continu les composites renforcés en fibres de carbone. Leur produit combine un nouveau procédé de fabrication de matériaux avec les dernières technologies de capteurs et de techniques d’apprentissage (machine learning) pour donner aux ingénieurs une flexibilité de fabrication de prototypes, tout en maintenant une qualité élevée des pièces finies.

La réalité virtuelle, un incontournable de la CAO de demain

Alors que des poids lourds de l’industrie tentent de rendre compatibles leurs logiciels de CAO avec des usages de réalité virtuelle, la start-up londonienne Gravity Sketch fait évoluer son logiciel depuis 2017. Aujourd’hui, fort de soutiens dans le monde automobile notamment, une nouvelle fonctionnalité permet aux concepteurs d’ouvrir Gravity Sketch sur leur tablette, de créer un dessin 2D avec leur stylo, puis de le manipuler avec un casque de réalité virtuelle pour transformer l’esquisse en une œuvre 3D et continuer à travailler dessus. Il semblerait que ce « pont » de la 2D vers la 3D soit un progrès conséquent pour faciliter la conception. Un autre avantage de la solution de Gravity Sketch est la compatibilité du logiciel avec plusieurs casques de réalité virtuelle grand public tels que ceux de la marque Oculus, HTC ou Windows. Par ailleurs, les formats manipulables sont compatibles avec de nombreux autres systèmes et assurent une interopérabilité avec les outils existants.

Résoudre jusqu’à 100 fois plus rapidement des problèmes d’ingénierie complexes

Les outils d’ingénierie assistée par ordinateur (ou CAE pour « Computer-Aided Engineering ») de OnScale, start-up américaine crée en 2017, sont basés sur des solveurs multiphysiques exclusifs développés et validés depuis plus de 30 ans par l’une des plus grandes sociétés de conseil en ingénierie au monde pour la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency qui dépend du ministère américain de la Défense) et de grands clients commerciaux. Les solveurs CAE ont été conçus pour des ordinateurs mainframe hautement parallèles  (un système dit « mainframe » correspond à un ordinateur hautes performances requérant une disponibilité et une sécurité supérieures à ce que peut offrir une machine de moindre envergure) afin de traiter de très gros problèmes de simulation d’ingénierie et sont parfaitement adaptés au cloud computing moderne et au calcul haute performance. OnScale offre aux ingénieurs une mine d’informations sur la conception et des résultats de simulation très précis, jusqu’à 100 fois plus rapides que les offres de CAE traditionnelles. Les solutions OnScale actuelles répondent aux besoins de simulation des marchés des semi-conducteurs et des MEMS, du mobile 5G, du biomédical de nouvelle génération et des véhicules autonomes.

Aide à la conception dans une « économie verte »

Le français PimpYour Waste a été fondée en 2017 par de jeunes architectes qui ont eu pour idée d’exploiter le bois issu de déchets de l’industrie du BTP. La start-up a conçu un algorithme capable d’analyser chaque élément potentiellement recyclable afin de constituer une base de données qui sera exploitable non seulement pour optimiser un espace de stockage, mais également pour sélectionner à posteriori les pièces qui pourront être utilisées pour de l’usinage en vue d’intégrer des meubles. En effet, l’algorithme permet d’analyser chaque élément en une demi seconde avec les informations de taille et de colorimétrie. Ensuite, à partir de modèles préconçus par l’entreprise, il est alors possible de faire correspondre les pièces à réemployer avec les modèles de mobilier à réaliser, par le biais d’une fraiseuse à commande numérique. Cet exemple signale un changement de paradigme dans la conception de meuble, où l’on commence souvent par le design pour rechercher les matériaux qui correspondent. Ici, c’est le matériau qui prime et qui contraint le design.

Veille Startups : 4 entreprises aux matériaux novateurs

04 Avr 2019, Posté par adminviedoc dans Unmarked

Deuxième volet de notre série d’articles sur l’identification de startups. (Retrouvez ICI le premier article sur les startups de la lutte anti contrefaçon).

La transformation de l’économie linéaire (transformations de ressources naturelles – fabrication de produits – utilisation de produits – mise en décharge) en économie circulaire (les déchets constituent de nouvelles ressources qui sont réinjectées dans les productions) est devenu progressivement l’un des enjeux de l’époque.

La Feuille de Route de l’Economie Circulaire adoptée en France en 2018 confirme la tendance, alors que de nombreuses entreprises se sont « mises au vert » depuis plusieurs années. Evidemment, les transformations s’accompagnent d’innovations.

Dans le domaine des matériaux, de nouveaux venus apparaissent, possédant la qualité d’être biosourcé, biodégradable, les deux, ou ayant des propriétés particulières. En voici quelques exemples, mis au point par des startups.

Le français WOODOO dispose d’une technologie multi-brevetée, qui permet de modifier le bois pour produire un matériau aux propriétés surprenantes. Le procédé consiste à prendre du bois et à en extraire une molécule qu’on appelle la lignine. On remplace ensuite ce composant par une résine végétale qui durcit à l’intérieur du squelette du bois. Le caractère innovant tient déjà au fait qu’ils sont parvenus à extraire la lignine sans détruire la micro-architecture du bois d’origine. De plus, le polymère injecté donne de nouvelles propriétés physiques et optiques au bois. Il devient ainsi translucide, imputrescible et résiste mieux au feu. Il nécessite également beaucoup moins d’entretien car il ne s’oxyde plus au contact de l’air et de l’humidité. Les potentialités sont grandes dans les domaines de l’architecture, des charpentes et du mobilier.

L’italien MOGU (signifiant champignon en chinois, peut-être en vue d’un marché visé…) a pour concept de réaliser du mobilier à partir de matériaux à base de mycelium, qui est la partie blanche souterraine, à la fois robuste et légère, sur laquelle grandissent les champignons. Il utilise par exemple les filaments du pleurote en forme d’huître, une variété blanche à la forme de soucoupe inversée. Ici, le design est tel que les objets ne sont pas travaillés mais grandissent par eux-mêmes, tels des plantes. Dans un moule fait de bois, de plastique, d’argile ou de plâtre, le champignon se nourrit de déchets organiques (du lin, de la paille, du chanvre qu’il décompose tout en déployant ses longues et fines tentacules). Il faut y appliquer évidemment des conditions très spécifiques de propreté, de température et d’humidité. Selon l’entreprise, les matériaux sont intéressants, tant au niveau des prix que des performances, comparativement aux solutions existantes sur le marché (bio et fossiles).

L’anglais MaterializeX a créé un adhésif non toxique breveté pour servir d’alternative à l’urée-formaldéhyde. Materialize.X prévoit d’accorder une licence à des entreprises chimiques ou à des fabricants de bois d’ingénierie pour qu’ils puissent fabriquer l’adhésif sur place. Mais la start-up va plus loin en fournissant également aux usines de bois un logiciel qui utilise l’apprentissage machine pour optimiser la façon dont leur adhésif est utilisé dans le processus de production. En effet, il existe actuellement une formule standard pour créer du bois en contreplaqué : prenez des copeaux de bois, ajoutez de l’adhésif et pressez-les ensemble jusqu’à ce qu’ils soient collés à la forme que vous voulez. Mais cette formule standard ne donne pas toujours les meilleurs résultats car elle ne tient pas compte des variables qui peuvent changer d’un jour à l’autre, comme le type de bois, la température, l’humidité, etc. MaterializeX permet donc à son adhésif non toxique, via son algorithmie, d’améliorer qualitativement la production de planches de bois en contreplaqué.

L’anglais AEROPOWDER a conçu un matériau d’emballage à partir des plumes de volailles. Cet emballage possède des propriétés thermiques. Les plumes excédentaires ont été transformées en un textile d’isolation unique et de haute performance, puis recouvertes d’une doublure compostable de qualité alimentaire.  Pour un produit emballé à 0°C, une température inférieure à 5°C pourrait être assurée, selon les tests, pendant 53 heures. Ce produit baptisé « Pluumo » pourrait être utilisé pour remplacer les emballages en polystyrène conventionnels (donc issu du pétrole) et permettre des livraisons plus durables.

La finalité d’un processus de veille n’est pas une question si évidente qu’il n’y parait. L’Intelligence Economique est souvent encline à situer la veille au service des volets offensif et défensif d’une stratégie, laquelle sert une politique ou une vision constituée d’objectifs de moyen et long termes. Il faut remarquer que notre époque questionne cette approche.

En effet, lorsqu’on est sur une période de faible variabilité des rapports de forces sur un marché (nombre limité de nouveaux entrants et parts de marchés stables des acteurs principaux), qui comporte peu de changements de règles du jeu (législation, réglementations, normes et usages), on peut bâtir une stratégie de long terme visant à garder ses positions ou à pénétrer le marché. Notons que dans ce cas de figure, on a affaire à des stratégies souvent focalisées sur la conquête de marché.

Or, s’il est vrai que sans stratégie rien n’est envisageable, de nombreuses entreprises sont à présent mises dans un bain concurrentiel mondial, qui les incitent davantage à opter pour des comportements de survie, selon deux axes principaux : innover et afficher une rentabilité actuelle ou future. Progressivement, vendre des produits devient secondaire (du moins dans un premier temps) : ce qui compte avant tout est de rassurer les investisseurs ou actionnaires (l’exemple d’Amazon est éloquent à ce titre, voir ICI). Au travers d’innovations présentées comme disruptives, ces parties prenantes se sentent rassurées, notamment en anticipant des profits substantiels à une échéance palpable. Dans le même temps, une partie croissante de la valeur des produits est transférée vers la réputation de la marque, assurant parfois des positions dominantes mais présentant également des vulnérabilités accrues aux attaques informationnelles.

Depuis la fin des années 1970, les différentes phases de mondialisation et les technologies de l’information ont modifié considérablement le jeu économique par la multiplicité des acteurs et un accès démocratisé à une information surabondante. Aussi, dans l’économie actuelle, la veille se voit affublée d’une double injonction : alimenter la stratégie et alimenter l’innovation. A notre niveau, nous notons un glissement souvent (mais pas toujours !) significatif vers le deuxième aspect. Autrefois vue exclusivement comme un outil d’aide à la décision, la veille devient davantage un outil d’aide à l’innovation et de stimulation de la créativité.  Dans les deux cas, il s’agit d’alimenter les processus internes de l’entreprise, à des niveaux différents, avec des informations utiles, ayant passées des filtres rigoureusement paramétrés. A ce jour, et en attendant l’homme « augmenté » promis par les tenants du transhumanisme ou l’Intelligence Artificielle de niveau 5, des outils techniques tels que ceux que nous proposons (voir ICI) ont toute leur raison d’être. En effet, rechercher de l’information coûte un temps et une énergie précieux qui seraient sans doute bien mieux mobilisés dans des activités où il est difficile de gagner du temps et où l’humain est la clé de voûte : l’analyse, la mise en perspective et l’inspiration.

S’il y a eu une époque où la rétention d’information pouvait assurer des positions dominantes, nous sommes désormais entrés dans une ère où l’information est disponible si tant est que l’on abatte la barrière de complexité qui nous en sépare. Et nous ne sommes pas encore entrés dans une ère où l’appropriation de l’information, qu’elle soit analytique ou symbolique, revient aux machines. L’Homme reste aux commandes de la finalité du processus de veille.

Dans le cadre de nos veilles technologiques, nous sommes régulièrement amenés à identifier à travers le monde des startups positionnées sur un domaine particulier et avons décidé de publier une petite série d’articles consacrée à des éléments d’analyses concurrentielles succinctes issues de nos travaux de recherche sur Internet.

Dans ce premier volet, portons un regard sur quelques entreprises européennes qui sont en train de mettre sur le marché des procédés innovants en matière de lutte anti-contrefaçon. Ce marché présente un haut potentiel et les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2018, l’Office européen pour la Propriété Intellectuelle (EUIPO) a estimé une perte de 60 Milliards d’€ pour 13 secteurs clés de l’économie, soit 7.5% de leur chiffre d’affaire pour l’Europe et 5.8% pour la France seule.

Technologies où l’on couple des étiquettes et des smartphones, via de l’algorithmie

Le parisien CYPHEME, fondé en 2016, propose une association entre une étiquette spéciale adossée au produit et une application mobile pour en garantir l’origine. Utilisant des technologies basées sur l’intelligence artificielle, l’hyperphotométrie et un identifiant chimique spécial, l’entreprise entend gagner ses parts de marché par une très grande fiabilité du process. Notons de la discrète société genevoise SwissAuthentis propose une technologie analogue en tout point et baptisée « Smartchrome » en tant que marque déposée. Seules ces deux sociétés évoquent la technologie d’hyperphotométrie, technologie qui, au demeurant, ne semble pas faire partie des publications scientifiques ou brevets de ces dernières années et dont nous cherchons toujours la définition…. Cela peut néanmoins laisser penser (mais nous n’avons pas de preuve formelle) que la technologie de Cyphème pourrait avoir intégré le portefeuille de technologies anti-contrefaçon de SwissAuthentis, solidement implantée à l’échelle mondiale.

Toujours à Paris et davantage centrée sur la mode et le luxe et se voulant peu onéreuse, la solution d’authentification GEMETIQ passe par l’échange d’informations entre l’identifiant d’une puce NFC (Near Field Contact) et toutes les informations enregistrées dans une base de données. Ainsi, la personne qui scanne la griffe a accès à l’authentification du produit et à sa « carte d’identité » qui répertorie des informations renseignées par les marques telles que la photo, la référence du modèle, la taille, la couleur, la composition, le distributeur agréé, le lieu de vente, etc. Gemetiq utilise une puce NFC intégrée directement dans une griffe textile par le fabricant. Elle peut résister à une température de lavage allant jusqu’à 150 degrés, ce qui confère un avantage indéniable dès lors que l’on a affaire à des produits textiles.

La blockchain, une technologie adaptée par nature à l’anti-contrefaçon

Par son fonctionnement non hiérarchisé, la blockchain offre des solutions particulièrement résilientes aux détournements. C’est donc une technologie dont se sont emparés certains concepteurs de systèmes anti-contrefaçon…tout en gardant le logiciel de traçabilité à leur niveau, contrairement aux monnaies virtuelles passant par une blockchain dont le but, outre la fiabilité, est de se passer de l’intermédiation bancaire.

Le français ARIANEE s’est donné pour ambition de construire le premier enregistrement perpétuel, anonyme et digne de confiance de tous les actifs du monde, permettant un lien qualifié de « révolutionnaire » entre les propriétaires et les marques. Arianee aspire à devenir le premier protocole universel au monde pour la création et le transfert des certificats numériques de propriété et d’authenticité pour les objets. Tous les propriétaires suivants géreront le parcours de leurs biens dans le temps en maintenant le contact avec les concepteurs des produits, grâce à ce qu’ils ont nommé le Smart-Link et qui est basé sur l’inscription sur une blockchain. Cette solution semble adaptée à des produits qui ne perdent pas de valeur au cours du temps, voire qui en gagnent. Cela dit, elle n’est qu’une mutation numérique d’un certificat d’authenticité, avec en plus un lien maintenu avec le fabricant d’origine.

Le suisse ScanTrust propose un système basé sur 3 exigences : l’authentification du produit, la traçabilité le long de la chaine logistique et l’engagement du consommateur final. Le produit est doté d’un QR Code breveté par ScanTrust qui contient une couche de sécurité via un graphique qui se situe au centre du QR code. Il s’agit d’une image dense, pseudo-aléatoire, qui authentifie un produit et dégrade en qualité lors de la copie. Les codes de sécurité ScanTrust sont généralement téléchargés sous forme de fichiers image, par l’imprimante, à partir du serveur ScanTrust. Au niveau de l’application, le tableau de bord de type de ScanTrust affiche des données d’analyse qui permettent d’identifier les points susceptibles de contrefaçon et le détournement de produits importés en parallèle. Cela confère une meilleure visibilité sur les destinations des produits, ainsi que des éléments d’identification des consommateurs finaux. Certaines informations clés sur les produits peuvent être rendues publiques sur une blockchain. Une fois stockées, les données ne peuvent pas être modifiées ou supprimées. ScanTrust s’appuie sur les principales technologies de registres distribués telles que Hyperledger, BigchainDB, et Ethereum.

Dernier exemple, l’anglais Blockverify se focalise sur la contrefaçon des secteurs de la pharmacie, du luxe, des diamants et de l’électronique. Chaque produit est doté d’un tag unique inscrit sur une blockchain. Chaque produit est alors tracé le long de la chaine de distribution, lors de l’achat (avec une association à l’acheteur). Selon Blockverify, cette solution permet également de s’assurer que les entreprises ne procèdent pas à la contrefaçon de leurs propres produits. Mais selon nous, il s’agit d’un argument marketing difficile à avancer auprès de clients…sauf dans le cas précis où ceux-ci ont de sérieux doute sur leurs propres centres de production. Par ailleurs, tous les points de vente peuvent, avec une application mobile, connaitre l’historique de chaque produit.

Sur la liberté des agents économiques et leur accès à l’information

J’ai été frappé par une analogie faite par l’économiste Jean-Marc Daniel entre le modèle des économistes de la concurrence pure et parfaite et le modèle des physiciens du gaz parfait. C’était dans l’émission de BFM Business « Les Experts » du 08 janvier 2019 (10’30’’, disponible ici). Une petite recherche sur ce sujet m’a conduit à un article (disponible sur cairn.info) que ce même économiste avait publié en 2008, où il précisait : « La notion de marché concurrentiel est en économie comme le gaz parfait du physicien : nul ne pourra l’observer, et pourtant son analyse permet de tirer des conclusions à la fois simples et efficaces. Le marché existe mais nul ne le rencontrera… »

En fait une différence de taille existe entre les deux notions. Le gaz parfait des physiciens, s’il est un modèle, est vu comme une première approximation du réel. Aucun physicien n’a pour ambition de transformer un gaz en gaz parfait. Le scientifique aura une démarche de modélisation du réel pour le comprendre certes, éventuellement pour utiliser au mieux certaines propriétés ou certaines ressources. L’équation des gaz parfaits est un cadre de compréhension simple qui ne demande qu’à être complexifié, et l’équation des gaz réels existe. Et si la plupart des gaz (et mélanges de gaz) se comportent comme des gaz parfaits aux faibles pressions, il faut rappeler que sur terre ils évoluent de manière générale au moins à la pression atmosphérique. En revanche, derrière la notion de marché concurrentiel pur et parfait, l’enjeu, tel que je le comprends dans les interventions de M. Daniel, n’est pas tant de décrire le réel par approximation que de constituer un objectif vers lequel il faut tendre, une idéologie en somme. En effet, alors que le gaz parfait est en réalité lié à une équation et une modélisation que l’on a réussi à élaborer en supposant les molécules comme des entités abstraites ponctuelles, la concurrente libre et parfaite est liée à un état ontologique présumé des acteurs du marché dont les propriétés me semblent être : la liberté d’action infinie, la capacité d’accès à l’information infinie, la capacité de traitement de l’information infinie et la rationalité des choix selon l’« intérêt » de tout un chacun. Bref, l’homme de la théorie du marché concurrentiel serait un dieu !  Et si l’on peut représenter schématiquement une molécule par un point, il me semble hasardeux de représenter un individu absorbé par son contexte propre par un être omniscient.

Mais par-delà cette différence de fond qui sépare le gaz parfait du marché concurrentiel, au fond, serait-il souhaitable qu’un gaz soit parfait ? Pour prendre l’exemple de l’air que nous respirons, je doute que nous puissions simplement vivre si celui-ci était parfait, car notre constitution biologique s’est appuyée sur un air bien réel pour produire notre évolution. De la même manière, serait-t-il souhaitable que la concurrence soit pure et parfaite ? Il est clair que dans cette hypothèse la notion de liberté individuelle semble cardinale. Or la liberté de chacun est par nature restreinte, car les capacités à interagir avec le monde qui nous entoure sont limitées. Elles le sont en particulier par les performances de notre corps humain, qui de surcroit, sont inégales entre les individus, à la différence des molécules de gaz, qui sont des « clones ». Par ailleurs, chacun n’est pas doté de la même manière à la naissance et dans ses jeunes années, en termes de patrimoine matériel et socio-culturel pour que le marché soit, par sa nature même, un terreau fertile à l’épanouissement de tous car intrinsèquement producteur d’égalité.

En conséquence, et c’est là tout le propos du présent article, la notion de protection est un préalable à la notion de liberté afin d’assurer que des libertés exorbitantes pour les uns ne conduisent pas à un système de domination sur les autres. Cela serait d’ailleurs contraire aux finalités d’une économie libérale qui serait permise par un État arbitre, en surplomb d’une concurrence nécessaire à l’excellence, mais organisée pour la satisfaction d’un intérêt général. Tendre vers la concurrence pure et parfaite interdit quelque part de penser les bonnes restrictions de liberté à appliquer afin justement de protéger les libertés de tous.

Par Christian Gnana.

 

De nombreuses entreprises font aujourd’hui appels à nos services pour identifier des startups aux 4 coins du monde.

Comme mentionné dans un article précédent (ici), VIEDOC en tant que partenaire des salons ADF & PCD s’est impliquée cette année dans l’identification et la présélection de start-ups du domaine du packaging.

A titre d’exemple, voici 2 start-ups que nous avons identifiées et que vous pourrez visiter sur le salon, au niveau de l’espace « Accelerator ».

  • Living Ink est une entreprise américaine de biomatériaux qui utilise des technologies d’algues, et donc durables, pour remplacer certains produits dérivés du pétrole tel que l’encre. L’ambition est de développer une variété de produits d’encre et de couleurs, y compris l’encre numérique. Actuellement, les encres sérigraphiques, typographiques et offset sont en cours de développement et de perfectionnement.

  • Paptic est une entreprise finlandaise qui a conçu un matériau éponyme destiné à remplacer le plastique dans plusieurs applications. Ce matériau partage des propriétés avec les textiles et le papier et a permis de constituer un sac à base de cellulose 100% biodégradable. Les propriétés suivantes le rendent particulièrement prometteur : résistant à l’eau, léger, étirable, recyclable et bon marché. Paptic a reçu un soutien de l’Union Européenne ainsi que plusieurs prix d’innovation et collabore actuellement avec les Galeries Lafayettes.

Les autres « pépites » que vous pourrez apprécier, voire avec qui vous pourrez tisser des relations d’affaires, sont :

  • Glancy 3D : se présente comme la première intelligence artificielle de vision par ordinateur pour l’évaluation et l’optimisation de la conception des emballages.
  • L’Indispensac : concepteur d’un sac 100% recyclable et « made in France »
  • Revinax : plateforme de réalité virtuelle qui crée, édite et distribue des tutoriels de formation virtuelle pour les professions hautement qualifiées et la formation de précision.
  • Ashana. B : combine des cosmétiques luxueux, biologiques et végétaliens, qui nettoient, hydratent et régénèrent les cellules tout en respectant les différents types de peau et de cheveux.
  • Packitoo : se définit comme la première application Web de processus intelligente pour le développement, l’achat et la vente d’emballages personnalisés.
  • Kalys Cosmetics : marque innovante de cosmétiques naturels pour le visage et le corps, située près de Marseille.

Pour plus d’information, consultez la page « Accelerator » du salon ici.

Activité devenue incontournable pour toutes les entreprises, la veille se pratique de différentes manières et à différents niveaux d’intensité. Elle se décline en fonction de la taille de la structure, de sa culture mais aussi des marchés visés et des menaces identifiées. L’un des intérêts les plus reconnus de la veille est sa contribution à l’innovation.

Les entreprises ont besoin d’innover en permanence pour rester pérennes et compétitives sur leur marché, notamment dans la production de biens physiques ou de technologies. L’adaptation aux nouveaux procédés doit se faire très rapidement pour épouser les besoins ou aider à pénétrer des marchés encore inexploités et sources de croissance.

Dans le but de rester proactif, la mise en place d’un processus de veille peut commencer par une surveillance récurrente des concurrents, au niveau de leurs pratiques, organisations, développements, ainsi que des lancements de nouveaux produits ou services.

Réaliser une veille brevet, certes plus pointue mais tout aussi essentielle, permettra de surveiller les innovations déposées par ses concurrents, les concepts émergents, ou de détecter de nouveaux acteurs qui arrivent sur le marché.Il faut cependant être conscient que le dépôt de brevet n’est pas systématique: certaines stratégies industrielles conduisent à ne pas entrer dans ce système, et à garder les « secrets de fabrication » en interne.

Qu’il y ait une cellule de veille implantée ou non, la veille technologique permettra ainsi à l’entreprise d’ajuster sa stratégie en remontant d’importantes informations aux services de R&D et aux collaborateurs qui participent de près ou de loin aux activités d’innovation et de développement.

Enfin réaliser une veille réglementaire peut aussi s’avérer très utile pour se conformer aux lois, certifications, normes en cours, voire pour donner un avis technique lors de leur élaboration . Ainsi, l’entreprise sera positionnée en amont de tout changement pouvant affecter l’activité, et pourra donc sécuriser ses innovations et orienter ses décisions en connaissance.

Pour résumer, les avantages du couple “Veille/Innovation” ne sont aujourd’hui plus à prouver !

Ils tiennent en 4 points

  1. s’adapter aux attentes des clients/investisseurs et même les anticiper
  2. éveiller la créativité et créer une dynamique d’intelligence collective au sein de ses équipes
  3. capter des signaux que les concurrents ne saisiront pas nécessairement
  4. se baser sur les politiques d’aide à l’innovation et optimiser leurs mises en place

La mise en place d’une veille concurrentielle

19 Avr 2016, Posté par adminviedoc dans Conseil

Se renseigner sur ses concurrents est devenu un aspect incontournable de l’intelligence économique, et les entreprises chercheront à déterminer la stratégie et l’approche marché d’un concurrent. Les chiffres de ventes et données de production sont prises en compte ainsi que toutes les données pouvant êtres recueillies sur le web, donnant des indices complémentaires.

Au demeurant on peut classer ces informations en infos « blanches », faciles à collecter et appréhender (site web, blog, réseaux sociaux, presse, conférences…), les infos « grises » plus difficiles à obtenir (ex. tarifications, données internes, recherches de documents en utilisant des requêtes complexes, interrogations des partenaires et revendeurs…) et les infos « noires » qui s’apparentent à du hacking et à des pratiques sortant de la légalité qu’on n’évoquera pas ici.

Voici donc cinq grands types de sources et de méthodologies possibles :

-La présence sur le web du concurrent:

Le site corporate d’un concurrent peut permettre de discerner la vision de l’entreprise, donner un aperçu de sa stratégie, des indications d’innovations produit, des fiches techniques ou permet d’identifier le personnel. La masse d’information est parfois considérable, mais exploitable pour qui sait compiler, recouper et interpréter efficacement ces données.

Il est possible d’utiliser des outils d’analyse de changements sur des pages (alertes), de surveillance par mots-clés, mais on peut également élargir le spectre à la surveillance des comptes sur les réseaux sociaux, et aux newsletters, et donc aux outils capables de les surveiller.

Par ailleurs l’étude des campagnes Google Adwords qu’utilisent la plupart des entreprises, peut donner des indices intéressants. L’étude des argumentaires, mots-clés utilisés, périodes, donne des indices de stratégie, tandis que le comparatif des coûts de ces campagnes (simulation possible dans Google Adsense) face aux coûts des produits/services donnent des indices indirects sur le modèle économique adopté, notamment face aux marges réalisées, et in fine une indication des économies faites en interne.

-L’analyse de presse :        

Ces données sont accessibles au public (données financières, titres et actions, changements de personnel clé, déclarations de la direction, etc.). Récoltées sur une base régulière, elles peuvent êtres combinées par exemple avec le suivi détaillé des annonces publicitaires publiées, qui éclairent aussi sur la stratégie marketing des concurrents. Enfin l’examen des offres d’emplois donnent des indications indirectes de stratégie, d’importance accordée à un service ou à une nouvelle offre.

-L’étude tarifaire :

Il s’agit d’abord de méthodologies statistiques comme l’analyse conjointe, ou SIMALTO, utilisées pour calculer en base les prix du marché pour différents types d’offres. C’est un travail minutieux impliquant la compilation de données de sites comparatifs, grilles de prix, pour déterminer avec précision les prix des produits et services des concurrents sur une base comparable à ses propres tarifications. Les recherches tarifaires sont complexes,  du fait de modèles englobant les avantages des services et les avantages de la marque, incorporels. Les tarifs peuvent être en effet inclus dans une offre forfaitaire, dans le cadre d’un prix global, ou  en tant qu’option indépendante selon les cas.

Les listes de tarifs compilés lors de l’analyse permettent de comparer des «options» directement face à la concurrence ainsi que les avantages « standard ». Enfin il peut être utile de comparer la capacité des entreprises respectives à acquérir de la valeur. Si un produit ou service est plus cher qu’un concurrent, cela ne pose de problème que si son chiffre d’affaires, sa part de marché ou de profit est en baisse. Le prix doit donc refléter la valeur par rapport au marché avec l’ensemble des avantages offerts. Chaque aspect d’un produit, avec ses services associés, et les actifs incorporels (marque), doivent en effet être quantifiés.

-Obtenir des informations en interne chez un concurrent

Une pratique qui s’observe aussi souvent, consiste à passer par des sources au sein d’une direction marketing, ou simplement des chefs de service. Pour éviter de révéler le commanditaire de la recherche, le consultant peut passer par une incitation financière pour obtenir des «échanges d’informations». Un résumé des conclusions générales d’études de marché par exemple, en contrepartie d’un face-à-face ou d’une entrevue téléphonique. L’approche indirecte «autour du café», chez un concurrent est aussi parfois un moyen de renseignement efficace.

Il est possible aussi d’acquérir des informations via la pratique du « client mystère » en envoyant par exemple un stagiaire se faire passer pour un client, ou passer par un cabinet de conseil externe pour par exemple tester des produits et services. Une autre technique prisée est « l’embauche fictive » permettant de faire passer en entretien des employés d’un concurrent. Les anciens employés et stagiaires peuvent aussi fournir des informations internes intéressantes, facile à trouver et contacter sur Linkedin ou Viadeo. Toutefois ces derniers sont souvent astreints à des conditions de confidentialité.

-Obtenir des informations sur un concurrent en externe (en dehors du web)

Les clients et acheteurs (exigeants par nature) peuvent fournir assez naturellement des informations sur les prix, services, détails contractuels ou informations techniques, ainsi parfois que des «rumeurs» au sein de l’industrie, comme un prochain rachat ou une société en difficulté financière. Les fournisseurs peuvent permettre de cartographier la chaîne d’approvisionnement et incidemment de détecter les sources de renseignements les mieux placées, souvent au centre de la chaîne.

Les distributeurs, agents et importateurs, sont aussi utiles car ils connaissent en général particulièrement bien le marché, étant en contact fréquent avec producteurs et distributeurs. Enfin les experts indépendants spécialisés pour un marché, toujours prêts à partager leurs informations, ainsi que des associations, fédérations d’industries et journalistes.

On peut aussi citer les mailings, prospectus, et salons qui peuvent donner des informations en dehors du web.

Parmi les méthodes indirectes classiques, citons l’achat d’un produit du concurrent (à travers un intermédiaire), pour avoir un aperçu concret du processus de fidélisation et de la stratégie commerciale mise en œuvre ainsi que du produit/service lui même.

En conclusion un veilleur interne ou un consultant indépendant ayant pour charge d’effectuer une veille sur un concurrent aura de nombreux moyens à sa disposition, qui devront être compatibles avec les conditions d’objectifs, de délais, et de budget que se fixent l’entreprise, laissant une bonne marge de décision en fonction de la taille du marché et des moyens en interne.

De la Veille Concurrentielle à la Veille Commerciale

14 Avr 2016, Posté par adminviedoc dans A la une, Etudes

Les entreprises opèrent maintenant dans un environnement où l’information est abondante et facilement accessible au public.

Du fait du développement d’Internet, les tendances du marché, la législation, les clients, les fournisseurs, les concurrents, les distributeurs, les lancements et nouveaux développements de produits sont à portée de clic. Les moteurs de recherche, la documentation en ligne, les sites Web, les blogs et les réseaux sociaux fournissent une information d’autant plus accessible que les fournisseurs d’information ont fait des efforts pour favoriser la consultation sur de multiples formats pour s’adapter aux usages (tablettes, mobiles, etc).

Et pourtant…
Malgré cette manne, l’information vraiment précieuse (la plus utile), reste difficile à trouver en ligne.

La veille concurrentielle est tout particulièrement concernée, les informations recherchées étant considérées par la plupart des professionnels comme parmi les plus difficiles à acquérir. Leur collecte nécessite souvent l’accès à un consultant en Intelligence Economique ou à un expert marché, qui saura recueillir les informations directement chez un concurrent ou à travers des sources indirectes.

Les informations techniques (produits ou process) en particulier évoluent rapidement (et restent confidentielles), sont souvent mal documentés et nécessitent donc l’œil d’un spécialiste pour reconstituer l’information. Cette information très technique, spécifique, est donc considérée comme stratégique, et ce faisant d’une réelle utilité pour les décideurs. Mais elle nécessite l’expertise d’un veilleur professionnel spécialisé.

La veille concurrentielle est parfois confondue avec la veille commerciale. C’est cependant un terme plus précis, se référant spécifiquement à l’information glanée sur les concurrents d’une entreprise donnée.

Les_cinq_forces_de_porter

Les 5 Forces de Porter, qui résume schématiquement l’environnement concurrentiel de l’entreprise. Il met en perspective les menaces concurrentielles et fait ressortir les avantages distinctifs de l’entreprise.

La SCIP (Strategic and Competitive Intelligence Professionals, www.scip.org) la définit de la sorte :
« La collecte légale, éthique et l’analyse des informations concernant les possibilités, vulnérabilités et intentions d’une entreprise concurrente. »

La Veille Concurrentielle est en fait un type spécifique de Veille Commerciale. Toute prestation de Veille commerciale devrait toujours inclure des aspects de veille concurrentielle comme partie intégrante du service.

Mais alors qu’est ce que la veille commerciale ?

Le terme « Veille Commerciale » traduit par Wikipedia comme «Market Intelligence» est relativement méconnu en France, et souvent assimilé à un travail d’investigation.

Wikipedia (Anglais) définit la Market Intelligence comme :
« L’information liée aux marchés de l’entreprise, recueillie et analysée spécifiquement dans le but d’une prise de décision en confiance, déterminant les opportunités, la pénétration stratégique, et les données statistiques de développement. »

Tandis que Wikipedia (France) traduit la veille commerciale comme :
« Consistant en la collecte, le traitement et la diffusion des informations sur les produits et les marchés. »

La Veille commerciale consiste donc à recueillir un type d’information facilitant la prise de décision d’affaire. Il comprend la collecte systématique, la capitalisation, l’analyse et l’interprétation des informations sur le marché, mais aussi des concurrents (veille concurrentielle) et des clients d’une entreprise.
Selon l’étude menée en 2008 par DVL Smith et JH Fletchers sur la convergence des enquêtes d’études de marché et de la veille commerciale, il semble que n’étant plus une activité quasi-académique dédiée au processus de prise de décision, elle se concentre désormais sur l’amélioration de la qualité des décisions d’affaires.

En pratique, la Veille commerciale correspond à toute recherche préalable à l’évaluation du marché, conçue pour aider une entreprise à aborder un nouveau marché, améliorer, ou bien confirmer sa présence sur un marché existant. Cela concerne l’analyse du marché, de la concurrence, des produits ou services de substitution et les prévisions de croissance : L’environnement du marché dans son ensemble.

La Veille Commerciale peut être pratiquée par un cabinet de veille et d’intelligence économique, ou bien en interne (cellule de veille). Une fois les données compilées et le rapport rendu, le document est diffusé en interne, généralement auprès de la direction, et parfois de façon informelle.

A ne pas confondre avec la Business Intelligence

La Business Intelligence (BI) (« Informatique décisionnelle ») est aussi un terme parfois utilisé de manière interchangeable avec la Veille Commerciale, à tort. La Business Intelligence en effet se réfère à l’ensemble des informations utilisées par une société pour faciliter sa prise de décision, mais limitées aux données relatives à l’entreprise elle-même, plutôt qu’à son environnement.

La BI inclut donc des données de ventes, de production, des données financières, recueillies en interne, notamment en faisant usage du Big Data, les donnés stockées en cloud. La BI est donc généralement étroitement liée aux indicateurs clés de performance des entreprises (En anglais KPI : key performance indicators).

En conclusion

La Veille commerciale peut être utilisée pour aider chaque décision à laquelle doit faire face une entreprise. L’objectif primordial cependant, est d’aider à la croissance de l’entreprise (pour augmenter ses revenus, bénéfices, ou parts de marché). On parle donc ici d’un certain retour sur investissement (ROI) sachant que le montant dépensé pour la collecte d’information peut générer plusieurs fois ce même montant en recettes et clients supplémentaires, ou éviter à contrario une coûteuse décision d’investissement non rentable.

Les enjeux liés à la veille commerciale sont donc variés :
– S’introduire sur un nouveau marché/extension (opportunités)
– Minimiser le risque de décision d’investissement
– Obtenir un avantage concurrentiel en étant le premier arrivé sur un marché
– Evaluer les besoins des clients pour une offre produits/services adaptée, et élargir ses parts de marché.
– Etre en mesure de proposer des produits ou services sur mesure à des groupes de clients cibles